L’allaitement

Written by

·

Photo de Julien SAURA

Je ne savais pas trop si je voulais allaiter. J’ai toujours eu un rapport merdique à mes seins. Du coup, je ne savais pas trop si j’allais réussir à faire ça. J’ai décidé que j’essayerai et puis qu’on verrai bien. J’avais envie d’essayer pour me réconcilier avec ma poitrine. Lui donner un rôle important, qu’elle serve à quelque chose, pour pouvoir éprouver de la fiertée de ces seins qui me font honte depuis qu’ils ont poussés….
Alors on a essayé. Et bordel que ce fut compliqué. Et douloureux. Et compliqué. L’allaitement n’a rien rien de naturel. Certaines femmes ont de la chance. Mais pour beaucoup la mise en place de l’allaitement est un calvaire. Après les douleurs de l’accouchement il fallait encore avoir mal. La montée de lait à été tellement douloureuse pour moi. Mes seins pesaient une tonne. Ils étaient durs comme du béton et brûlant de fièvre. Et à chaque fois que ma fille tétait je me crispais et pleurais de douleur. Elle avait le cou et le menton bloqué, elle tétait mal, elle ne stimulait pas bien le sein et la montée de lait tardait à se faire. Et puis les crevasse. Les mamelons tellement tellement abîmés que je saignais. Une torture…. Mais j’ai insisté. Je ne sais pas trop pourquoi. Par fierté ? Par défi ? Par véritable envie d’allaiter ? 6 mois après je ne sais toujours pas.
Il a bien fallu 2 mois pour que les choses se mettent en place et pour pouvoir trouver agréable ces moments nourriciés. Et puis je reprenais le travail et l’enfant refusais de boire mon lait après congélation alors je me suis résolu à passer en allaitement mixte, cad à introduire du lait artificiel. La pression que je me mettais à allaiter à diminué. J’ai commencé à vraiment aimer ça.
Depuis 2mois et demi je n’allaite que la nuit. Et j’ai tiré mon lait 1 à 2 fois par jour. Mais aujourd’hui ça sent la fin. Et je suis à la fois triste et heureuse. Triste parce qu’une fois qu’on a passé les premiers mois difficiles c’est agréable et pratique. Heureuse parce que j’ai longtemps vu cet allaitement comme une façon de perdre ma liberté.
Mais je suis contente, 6 mois ça n’est pas si mal !

Votre commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *