
Il y a 1 an je m’apprêtai à accoucher après 12 longues heures de travail. Après 10 jours de « faux travail » les contractions m’ont réveillées dans la nuit, il était 4h du matin et j’ai compris que là c’était pour de vrai. On a téléphoné à la clinique qui m’a demandé si je voulais bien patienter chez moi un moment parce que les sages-femmes étaient débordées. J’ai tenu jusqu’à 8h du matin. Pour patienter j’ai pris un douche et j’ai souffert dans toutes les positions, dans tous les recoins de l’appartement pendant que Julien gérait les derniers préparatifs. Je ne vous raconte même pas le temps qu’il m’a fallu pour descendre les 4 étages parce j’ai oublié mais ça devait être long. Je n’ai aucun souvenir du trajet en voiture non plus. Arrivée à la clinique j’ai pu m’installer dans une chambre de naissance et une sage-femme formidable m’a tenu la main pendant les 8 heures suivantes. Elle m’a filé son élastique parce que j’avais les cheveux dans la bouche et que ça me gonflait. Je ne supportais pas le moindre bruit et j’avais des exigences très précises, Julien devait me tenir les mains pendant les contractions mais une fois terminées il devait vite lâcher et m’asperger la nuque et me filer à boire. Et on recommençait. Une femme à hurlé dans la chambre d’à côté, elle ne voulait plus accoucher. J’ai eu peur mes contractions se sont arrêtées. Elles ont repris. J’ai pris un bain, j’en suis sorti, j’ai tenté plein de positions. Au bout de 10h de contraction on m’a demandé de pousser, j’ai poussé 2h. 2h. J’étais épuisée. Au bout du rouleau. J’avais l’impression que j’allais mourir. On m’a transféré en salle de naissance classique, on m’a proposé la péri que j’ai refusé parce que je voyais pas trop comment rester assise et patienter encore 1/2h avant qu’on la sorte. Alors ils ont installés une ventouse sur sa tête et ils ont tiré. J’ai eu l’impression qu’on m’aspirait les entrailles avec une force démentielle. J’ai cru que mon corps allait se disloquer que j’étais sur le point de me déchirer en deux. Et puis finalement elle est sortie, on m’a proposé de l’attraper mais je n’avais plus de force… Alors ils l’ont fait et j’ai eu l’impression qu’un poulpe gluant coulait de moi. J’ai pleuré de soulagement. Je pleurais en disant « on a fait un bébé » complètement ahurie… Ce petit machin était né. Et c’était une sacrée aventure qui commençait… Mais aujourd’hui je peux dire que je ne regrette pas. Je ne regrette plus d’avoir fait un enfant. Ce fut long, douloureux et solitaire. Mais c’est bon, je suis heureuse d’être la maman de ce petit crapaud. Et je comprends ma mère qui me disait : « Tu verras si tu as un enfant, tu comprendras ». Je comprends.


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