Hier c’était dimanche et j’avais un peu de temps pour faire l’administratif relou qui traîne, genre trier mes papiers et prendre tous les rdv que je repousse parce qu’ils sont pas hyper agréables. Genre une mammographie pour contrôler l’état d’un fibroadénome 6 mois après mon opération des seins. Je vérifie sur doctolib et constate que la campagne d’octobre rose bat son plein, pas un rdv pour une mammographie de dispo sur Rennes avant janvier… Et puis en fait si, un seul rdv le lendemain à la clinique de la Sagesse. 3 ans que je n’ai pas été là bas, la dernière fois c’était pour mon accouchement. J’ai complétement oublié que le service radio et échographie est collé au service Parent’eizh. J’ai un espèce de pincement au cœur chelou en voyant la porte. Et je me dis qu’après l’examen j’irai bien faire coucou aux sages femmes même si elles ne doivent pas du tout se souvenir de moi et me prendront sûrement pour une illuminée. Je passe la porte battante et vois la salle d’accouchement grande ouverte, avec son grand lit, sa baignoire, et les souvenirs remontent à la surface, j’ai très envie de pleurer. Il y a du bruit dans mon dos et en me retournant je découvre l’une des sages-femmes qui m’a accompagnée. J’ai a peine eu le temps de lui expliquer ce que je faisais là que je suis prise sous un flot de larmes. Impossible de m’arrêter je suis très émue d’être là, avec elle, presque 3 ans après. Elle essaye de discuter avec moi mais je pleure trop. Elle pose sa main sur mon bras et me dit « c’est normal, c’est fort ce qu’il se passe ici, votre corps reconnaît l’endroit… » Je suis bouleversée sans trop savoir pourquoi. Enfin si, j’ai beaucoup aimé cet endroit, je m’y suis sentie bien et j’y ai mis au monde mon enfant. J’y ai vécu l’expérience la plus incroyable de ma vie. Malgré la douleur et l’impression de mourir, cet endroit était un cocon d’amour et de sororité. La bienveillance des sages-femmes, leur gentillesse et leur joie resterons à jamais gravé dans la mémoire de mon corps. Je suis très reconnaissante à ces femmes d’avoir pris soin de moi durant cette période de grande vulnérabilité. Et ce passage en coup de vent, il était doux, merci à celle qui m’a accueilli.
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